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Velvet, un décor pour l’envers du décor

  • ruedutheatre
  • 12 mars
  • 2 min de lecture

Du théâtre expérimental pour une réflexion émouvante et pertinente sur l’art vivant.

 

Un majestueux rideau en velours de couleur « vieux-rose » devant les spectateurs. À lever les yeux sur cette impressionnante étoffe, on se dit qu’elle ne coulissera pas et que, dès lors, tout se passera juste devant nous, tout proche de nous.

La lumière décline lentement, très très lentement. On perçoit au loin un vague bruit de chevaux. Hennissements et galops de plus en plus insistants. L’immense rideau composé, inévitablement et logiquement, de plusieurs pans, ondule, frémit ; une infime partie se soulève comme par magie, laissant apparaître des fleurs ainsi qu’un visage blafard.

Des entrées et des sorties de personnes, de personnages vont se succéder soit par les ouvertures invisibles dans le rideau, soit par les côtés de l’avant-scène qui sont masqués par des pendrillons assortis. Apparitions et disparitions d’un voyageur, d’un militaire, d’une femme portant une plante verte ou un ventilateur, d’un dandy au costume écru, d’un homme déguisé en un étonnant ours en plastique…

Les images foisonnent, chaque objet mis en scène (araignée, pavé, bûche, ruban, mouchoir, perruque,…) ayant sa symbolique. Si certains signes nous échappent momentanément, ce qui est sûr et certain c’est que, l’air de rien, nous assistons à une démonstration tout en finesse et intelligence de ce qu’est le théâtre, y compris des éclairages savamment choisis qui attirent notre attention sur ce qui est à voir et à décoder.

Le rideau finalement soudain tombé, l’entièreté du plateau sera occupée grâce à l’utilisation de cintres qui montent et descendent. Une séquence d’une pièce sera même montée : succulents les échanges entre le régisseur-accessoiriste et les comédiens sur une question d’équilibre.

Essentiel aussi de rappeler combien l’être humain peut être habité par des sentiments, des ressentis extériorisés et exprimés rien qu’à travers la danse ou une gestuelle précise et théâtralisée. Pas besoin de longues tirades ! Aimée-Rose Rich marque les esprits quand, avec volonté et énergie, elle se met symboliquement à nu. Elle se débarrasse en effet de tous ses rôles endossés en jetant par terre une multitude de jupes et vestes portés.

Un magistral clin d’œil à l’opéra clôturera la représentation. Une création emplie de sens et de poésie au service du théâtre et de ses amateurs…

Isabelle SPRIET

Roubaix, 7 mars 2025

Conception, mise en scène, scénographie : Nathalie Béasse

Distribution : Etienne Fague, Clément Goupille, Aimée-Rose Rich

Musique : Julien Parsy

Lumière : Natalie Gallard

Régie générale : Pascal Da Rosa

Construction : Philippe Ragot

Photo : Christphe Raynaud de Lage

Chargé de production/diffusion : Cédric Chéreau

 En tournée : 23>26.05.2025 Dijon Festival Théâtre en Mai

 
 
 

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