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« Lève-toi, demain t’appelle au-delà de tes frontières »

  • ruedutheatre
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Après le festival off d’Avignon et le festival Théâtre au Vert à Thoricourt, voilà Sarina en ouverture du festival « Guerrières ! » à Mons.

 

La salle s’éteint. Noir. Premières notes. L’obscurité demeure. Une question surgit : « Seras-tu celui qui veille dans l’ombre ? ». Toujours le noir. Une première chanson a cappella. Une voix cristalline et puissante emplit l’espace. Nous découvrons l’artiste, auteure et compositrice, au piano, en duo avec cet instrument-partenaire qu’elle apprivoise dès l’âge de quatre ans grâce à sa grand-mère. Si l’atmosphère est solennelle, les premiers mots de Sarina à la longue jupe en tulle blanc surmontée d’un perfecto noir avec impression discrète de fleurs sont simples et sincères. C’est qu’elle souhaite nous raconter son histoire personnelle, son combat puisque née malvoyante et ayant perdu complètement l’acuité visuelle durant son adolescence.

Sarina nous parle d’elle, de son parcours, du temps qu’il lui a fallu pour oser sortir de sa « boîte », pour parvenir à chanter en paix avec elle-même. Elle est aussi très reconnaissante envers toutes ces femmes qui, comme elle, se sont levées pour défendre leurs idées, leurs valeurs, pour s’engager et être présentes là où on ne les attend pas.

Loin d’être revendicatrice ou revancharde, c’est avec humour que la Belge nous remémore l’action de ces guerrières devenues des personnalités qui ont marqué l’Histoire. Avec simplicité et naturel, elle nous confie, notamment, qu’elle est tiraillée par le fait de nouer ou passes cheveux tout en nous demandant qui fut la première femme politique au chignon soigné ayant osé se présenter, publiquement, la chevelure libre ? Simone Veil qui, on le sait, fut l’instigatrice de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse.

En chansons magistralement interprétées et anecdotes racontées, elle nous rappelle combien grâce à des Joan Baez, Joséphine Baker, Miriam Makeba, Nina Simone, Dolly Parton, les problèmes de racisme, solitude, dépression, ont été dénoncés en vue d’engendrer une société moins inégalitaire. Il reste encore du travail !

Alors nous effleure l’idée que des images projetées auraient rendu le message encore plus porteur pour sensibiliser chacune chacun à devenir davantage responsable d’un monde où il ferait meilleur à vivre. Mais honte à nous de faire allusion à ce manque d’illustrations, à cette futile frustration, nous qui sommes en permanence sollicités, invités, habitués à observer. Sarina fut, elle, contrainte, par la force des événements dont elle n’est pas responsable, d’apprendre à construire soi-même ses images et ses représentations du monde dans lequel elle vit et s’engage. Merci à cette grande dame à la voix sublime, porteuse de sens et de convictions.

 

Isabelle SPRIET

Mons, 2 Avril 2025


Conception, écriture, mise en scène : Sarina

Chant et instruments : Sarina

Direction musicale : Ilan Abou

Scénographie : Nitsan Cohn

Photo : © D R

 

En tournée : 02.04.2025>21.05.2025 (chaque mercredi 21h) Théâtre Essaïon Paris

 
 
 

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