And the winner is...
- ruedutheatre
- 4 mars
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 mars
Le Ring de Katharsy - CDN de Tours (du 25 au 28 février 2025)
Ni marionnette, ni danse, ni théâtre... et pourtant tout cela à la fois, le Ring de Katharsy est un spectacle intégral, dans une kyrielle de gris. Qui fait sens. Et mouche.
Une maitresse de cérémonie en longue robe anthracite, peau idoine. Deux écrans scintillants de neige numérique. Et des personnages, marionnettes humaines immobiles, qui s’animent au rythme du souffle de la grande prêtresse d’un jeu étonnant.
Un jeu vidéo où deux gamers sans manette vont s’affronter via six avatars. Des marionnettes sans fil, grises comme la cendre, qui nous renvoient le miroir d’une société bien peu reluisante. Concentré de travers, de domination, de consommation à l’excès, exprimés dans l’allégorie d’un carré parfait. Du sol aux cintres. Un ring, comme une arène, dans lequel on aurait lâché des mannequins de grand magasin, un soir de pleine lune. Où des automates dociles exécutent les injonctions de leur marionnettiste. Un ring, comme un champ de bataille, un magasin, un salon. Entre les 4 murs duquel notre société se décline. Entre chorégraphie et théâtre d’objet.

Et tout est ici magistral. A commencer par le texte. Sans phrase. Injonctions et exclamations rythment les temps et les gestes. Une écriture déroutante par son dénuement qui n’égale que sa force. Un texte qui se conjugue, s’entremêle, se confond avec la mise en scène chorégraphiée. Comme une évidence. Un texte sublimé par la scénographie exceptionnelle d’ingéniosité, de précision, d’inattendu. Et d’efficacité.
La société de consommation et ses outrances, les violences physiques et verbales, la douleur de l’absence, l’attachement et l’autonomisation sont déclinés avec force. Avec une certaine redondance aussi, qui peut parfois lasser. Mais toujours avec une précision de jeu, de voix, de geste qui sert un ensemble époustouflant. Une création en monochrome qui s’ouvre sur un final, comme une fracture sur un monde d’espoir. Dans lequel les marionnettes et les gagnants ne sont pas forcément qui l’on croit.
Karine PROST
TOURS, 4 mars 2025
En tournée
Malakoff Scène Nationale - 13 au 14 mars 2025
Théâtre Orléans – Scène Nationale - 20 au 21 mars 2025
Théâtre de l’Union – CDN Limoges - 3 au 4 avril 2025
La Comédie de Clermont-Ferrand – Scène Nationale - 9 au 10 avril 2025
Photo © Simon Gosselin
Avec : Coralie Arnoult, Lucille Chalopin, Alberto Diaz, Camille Guillaume, Dominique
Joannon, Antoine Maitrias, Léonard Martin, Nilda Martinez, Antoine Mermet, Maxime
Steffan et Marion Tassou.
Conception et mise en scène : Alice Laloy
Écriture et chorégraphie : Alice Laloy en complicité avec l’ensemble de l’équipe artistique
Scénographie : Jane Joyet
Création lumière : César Godefroy
Composition musicale : Csaba Palotaï
Écriture sonique : Géraldine Foucault
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